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Communication animale gratuite : quelle valeur accorder à son travail ?

il y a 1 jour
8 min de lecture
Communication animale gratuite : où placer la limite ?

« Puisque vous avez ce don, pourquoi ne pas en faire profiter gratuitement ceux qui en ont besoin ? »


Cette question, sous différentes formes, m'est régulièrement posée.


On me demande fréquemment de réaliser une communication animale gratuite, d'offrir une formation, de mettre bénévolement mes compétences au service d'une association ou d'un refuge. Dans mon activité d'artiste, on me sollicite également régulièrement pour offrir l'une de mes œuvres au profit d'une cause.


Je comprends parfaitement ces demandes. Elles partent souvent d'une très belle intention et concernent parfois des causes que je serais moi-même heureuse de soutenir.


Et pourtant, elles soulèvent une question qui me semble essentielle : quelle valeur accordons-nous au temps, à l'expérience et au savoir-faire d'un professionnel lorsque sa compétence touche à l'intuition, au vivant ou à la spiritualité ?


Et où placer la limite entre générosité, bénévolat et reconnaissance d'un travail ?


La communication animale est-elle vraiment un « don » ?


C'est probablement là que se trouve une grande partie du malentendu.


La communication animale est encore souvent considérée comme une faculté extraordinaire, réservée à quelques élus qui auraient reçu un « don ». Dès lors, une idée peut assez naturellement apparaître : puisque cette faculté vous a été donnée, ne devriez-vous pas, à votre tour, la mettre gratuitement au service des autres ?


Je ne partage pas cette conception.


Je considère au contraire la communication intuitive comme une capacité que nous possédons tous à des degrés différents et qui, comme beaucoup d'autres facultés humaines, peut être développée.


Bien sûr, certaines personnes ont davantage de facilités que d'autres.


Mais n'en va-t-il pas de même pour la musique, le dessin, le sport, la cuisine, les mathématiques ou l'écriture ?


Certaines personnes semblent avoir une oreille musicale exceptionnelle. D'autres dessinent remarquablement bien. D'autres encore possèdent des capacités physiques qui les prédisposent au sport de haut niveau.


Parlerait-on de « don » ? Peut-être...


Pour autant, derrière le talent que nous admirons chez un musicien, un artiste ou un sportif, se cachent généralement des années de travail, d'apprentissage, d'expérience, d'investissement et de persévérance.


Pourquoi en serait-il autrement pour la communication animale ?


Plus de vingt ans d'expérience ne sont pas apparus par magie


Je pratique la communication animale depuis plus de vingt ans.


Ces années représentent un investissement personnel et financier conséquent : des milliers d'heures de pratique, de rencontres avec des animaux et leurs humains, de questionnements, de recherches, de lectures, de formations, d'expérimentations, de réussites mais aussi d'erreurs dont j'ai tiré des enseignements.


Ce que je transmets aujourd'hui lorsque je réalise une communication animale ou lorsque je forme quelqu'un ne correspond donc pas simplement au temps passé avec cette personne le jour de la séance ou de la formation.


Je transmets aussi une partie de tout ce que j'ai construit pendant plus de vingt ans.


Et cela a une valeur.


Un savoir transmis possède d'ailleurs une caractéristique particulière : contrairement à une prestation ponctuelle, il devient une richesse acquise pour la vie.


Lorsque vous apprenez à communiquer intuitivement avec les animaux, ce que vous avez acquis ne disparaît pas à la fin du stage. Vous pouvez continuer à pratiquer, approfondir cette faculté, développer votre expérience, en faire bénéficier de nombreux animaux au cours de votre vie et, potentiellement, en faire un jour une activité professionnelle rémunératrice.


Pourquoi certaines compétences devraient-elles être gratuites ?


Il m'arrive parfois de m'interroger sur notre rapport à certaines professions.


Vous viendrait-il à l'idée de demander à un musicien professionnel de venir donner un concert gratuitement au motif qu'il possède un talent particulier pour la musique ?


À un artiste d'offrir une oeuvre parce qu'il sait naturellement dessiner ?


Probablement pas.


Pourtant, lorsqu'une activité touche à l'intuition, à la spiritualité ou au vivant, la question de la gratuité apparaît beaucoup plus facilement.


Comme si le fait d'exercer une activité avec le cœur impliquait nécessairement de ne pas demander de rétribution.


Or travailler avec le cœur et être rémunéré ne sont pas contradictoires.


Entre l’envie de donner et la nécessité d’en vivre


Dans un monde idéal, peut-être pourrions-nous tous consacrer notre temps à ce que nous aimons faire et échanger librement nos compétences selon les besoins de chacun.


J'aimerais beaucoup vivre dans ce monde...


Je pourrais communiquer gratuitement avec tous les animaux qui en ont besoin, former ceux qui souhaitent apprendre, offrir mes dessins aux associations qui me sollicitent…


Mais notre réalité est tout autre.


L'électricité, le logement, l'essence, les impôts, les charges et autres taxes, les assurances, les achats alimentaires, et, bien entendu, la nourriture et les soins de nos chers compagnons animaux ne se règlent pas encore avec un échange de cœur.


Pour pouvoir donner, encore faut-il pouvoir continuer à vivre de ce que l'on fait.


C'est une réalité très terre à terre, mais elle n'enlève rien à la dimension humaine ou généreuse d'une activité.


Communication animale gratuite et protection animale : où placer la limite ?


La question devient encore plus délicate lorsqu'une association ou un refuge me sollicite.


Comment ne pas être sensible à leur travail, à leurs difficultés et, surtout, aux animaux dont ils prennent soin ?


Je réalise d'ailleurs régulièrement, et bénévolement, des communications animales et des séances de biorésonance pour des animaux pris en charge par des refuges ou des sanctuaires pour animaux sauvages. C'est une façon, parmi d'autres, de contribuer à des causes qui me tiennent à cœur.


Mais c'est précisément parce que les animaux nous touchent que peut parfois s'installer, même inconsciemment, une forme de pression affective ou morale : puisqu'il s'agit d'un animal en difficulté, d'un refuge qui manque de moyens ou d'une cause que l'on sait importante à nos yeux, comment pourrait-on refuser d'aider gratuitement ?


Le raisonnement peut vite devenir inconfortable : si vous aimez les animaux, si vous êtes sensible à leur souffrance et si vous avez une compétence susceptible de les aider, alors vous devriez naturellement l'offrir.


C'est là que la relation peut devenir déséquilibrée. La sensibilité à la cause animale ne devrait jamais devenir un levier ou un argument pour obtenir gratuitement le travail de quelqu'un. Car refuser une prestation bénévole ne signifie ni être insensible au sort d'un animal, ni refuser de soutenir la protection animale. Cela signifie simplement que chacun doit rester libre de décider quand, comment et à qui il souhaite offrir son temps et ses compétences.


Si toutes les associations, tous les refuges ou toutes les personnes rencontrant des difficultés financières devaient bénéficier gratuitement de mon travail, où placer la limite ?


Les associations elles-mêmes doivent rémunérer certains professionnels et assumer de nombreuses dépenses : soins vétérinaires, alimentation, locaux, assurances, carburant… Pourquoi certaines compétences devraient-elles, par nature, être considérées comme relevant du bénévolat ?


Cela ne signifie évidemment pas qu'il ne faut jamais offrir son travail. Bien au contraire.

Je le fais moi-même et continuerai à le faire lorsque je le souhaite et lorsque cela m'est possible.


Mais c'est justement là toute la différence.


Le bénévolat devrait rester un choix libre de celui qui donne, et non devenir une obligation morale — explicite ou implicite — suggérée ou imposée à celui à qui l'on demande.


La générosité perd une partie de son sens dès lors qu'elle n'est plus tout à fait libre.


Gratuit ne signifie pas sans valeur… mais modifie parfois notre perception


Au fil des années, j'ai aussi été amenée à m'interroger sur la manière dont nous considérons ce que nous donnons ou recevons gratuitement.


Il y a quelques années, j'avais décidé d'offrir des communications animales comme cadeau de Noël. J'avais organisé un concours sur les réseaux sociaux et trois personnes avaient été tirées au sort.


J'ai consacré à chacune de ces communications exactement le même temps et le même soin qu'à une consultation rémunérée.


En contrepartie, je demandais simplement aux gagnants de me tenir informée de l'évolution de leur animal et des éventuels changements observés. Ce retour constituait, d'une certaine manière, leur participation à l'échange.


Je n'ai reçu spontanément aucun retour.


J'ai finalement recontacté les personnes concernées pour savoir si les préconisations transmises — alimentation, élixirs, soins ou autres pistes — avaient été mises en place.


À ma grande tristesse, elles ne l'avaient pas été.


Le plus regrettable était finalement que les animaux n'avaient pas bénéficié de ce qui devait initialement être leur cadeau.


Cette expérience m'a beaucoup interrogée.


Aurait-on accordé davantage d'attention à ces informations si l'on avait dû donner quelque chose pour les recevoir ?


Je ne peux évidemment pas l'affirmer. Mais depuis, je suis beaucoup plus attentive à la notion de réciprocité.


La solution n'est pas nécessairement l'argent


Accorder une valeur à un travail ne signifie pas pour autant vouloir tout monnayer.


C'est une distinction à laquelle je tiens énormément.


Dans mon livre Communiquez de manière intuitive avec votre animal comme dans ma formation en communication animale ANIMA SAPIENS®, j'invite justement les personnes qui pratiquent à rechercher un échange équilibré.


Une contrepartie peut évidemment être financière. Mais elle peut tout aussi bien prendre la forme d'un échange de compétences, d'un service, d'un don en nature ou de toute autre contribution ayant une valeur réelle pour celui qui la donne et pour celui qui la reçoit.


J'aime beaucoup l'idée d'un échange de cœur.


Mais, pour moi, un véritable échange de cœur repose sur la réciprocité.


Il ne signifie pas : « Je vous demande d'offrir votre temps, votre expérience et votre savoir parce que ma cause est généreuse. »


Il signifie plutôt : « Qu'avons-nous chacun à offrir à l'autre pour que cet échange soit juste et enrichissant pour tous ? »


Cette nuance change beaucoup de choses.


La valeur d'un échange n'est pas nécessairement la même pour tout le monde


Cela n'interdit pas non plus d'adapter ses tarifs à certaines situations.


Je peux décider librement d'accorder un tarif préférentiel à une association, d'offrir ponctuellement une communication à un animal de refuge ou en sanctuaire ou d'imaginer un échange de compétences avec quelqu'un.


La différence essentielle tient au fait que ce choix m'appartient.


La générosité conserve tout son sens lorsqu'elle est librement consentie.


Peut-être pouvons-nous sortir de l'opposition entre « gratuit » et « payant ».


Entre les deux existent de nombreuses possibilités : tarif solidaire, tarif associatif, échange de compétences, participation libre dans certains contextes, bénévolat ponctuel, partenariat…


L'essentiel est que chacun puisse sentir que ce qu'il donne et ce qu'il reçoit possède une véritable valeur.


Et si nous parlions plutôt de réciprocité ?


Finalement, derrière la question de la communication animale gratuite, il y en a peut-être une autre, beaucoup plus universelle :


Quelle valeur accordons-nous au temps, à l'expérience et au savoir des autres ?


Nous possédons tous quelque chose à offrir au monde : un talent, une compétence, une expérience, une sensibilité, un savoir-faire, du temps, une capacité d'écoute…


Certains en font leur métier. D'autres les offrent bénévolement. Beaucoup font les deux selon les circonstances.


Aucune de ces possibilités n'est plus noble qu'une autre.


On peut travailler avec le cœur et être rémunéré.


On peut être généreux et poser des limites.


On peut soutenir une cause sans devoir systématiquement offrir son travail.


Et l'on peut parfois remplacer l'argent par autre chose, à condition qu'il existe une véritable réciprocité.


Après toutes ces années, je reste profondément attachée à cette idée : donner une juste valeur à ce que l'on transmet ne lui enlève rien de sa dimension de cœur. C'est aussi respecter le temps, le chemin et l'énergie qui ont été nécessaires pour pouvoir, un jour, le transmettre aux autres.


Et vous, qu'en pensez-vous ?


Où placez-vous la frontière entre générosité, bénévolat et juste reconnaissance d'un travail ? Et quelle forme pourrait prendre, selon vous, un échange véritablement juste et réciproque ?

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CONNEXION INTUITIVE

 

Corinne Dupeyrat — Communicatrice animalière & intuitive

Du lundi au vendredi, de 9h à 18h

Consultations à distance sur rendez-vous, en Normandie

14800 Tourgéville (Normandie)

corinne.dupeyrat@gmail.com

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