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Intuition féminine : les femmes sont-elles vraiment plus intuitives que les hommes ?

il y a 11 minutes
11 min de lecture
Intuition féminine : les femmes sont-elles plus intuitives que les hommes ?

On parle volontiers d’« intuition féminine ». Mais les femmes sont-elles réellement plus intuitives que les hommes ?


L’expression est tellement ancrée dans notre langage qu’elle semble presque aller de soi : les femmes seraient plus sensibles aux ambiances, aux émotions et à ce qui ne se dit pas, tandis que les hommes seraient davantage tournés vers la logique, l’analyse et le raisonnement.


Mais cette différence est-elle biologique ? Vient-elle de notre cerveau, de notre évolution, de notre éducation ou simplement de siècles de représentations culturelles ?


Cette question m’intéresse particulièrement parce que j’exerce la communication intuitive avec les animaux depuis plus de vingt ans et que j’enseigne aujourd’hui cette pratique.


Les femmes sont très largement majoritaires parmi les personnes qui viennent se former auprès de moi. Et pourtant, j’observe que les hommes ne sont généralement pas moins intuitifs que les femmes.


Bien au contraire.


Alors, pourquoi l’intuition est-elle si souvent considérée comme une faculté féminine ?


Qu’est-ce que l’intuition ?


Nous avons tous déjà vécu ce genre d’expérience.


Entrer quelque part et sentir immédiatement que l’atmosphère est étrange. Rencontrer quelqu’un et éprouver spontanément de la confiance — ou au contraire une réserve — sans pouvoir expliquer pourquoi. Avoir soudain la conviction qu’une décision est la bonne sans pouvoir l'expliquer rationnellement.


Nous disons alors :

  • « Je le sens. »

  • « Quelque chose me dit que… »

  • « Je ne sais pas pourquoi, mais je le sais. »


La psychologie nous apprend aujourd’hui que notre cerveau traite une multitude d’informations sans que nous en ayons conscience. Une expression du visage, une intonation, une posture, une incohérence, un souvenir ou une multitude de petits détails peuvent être analysés extrêmement rapidement et produire une impression immédiate.


Les psychologues Daniel Kahneman et Gary Klein ont notamment étudié ce qu’ils appellent l’intuition experte, qui permet parfois à une personne très expérimentée de reconnaître une situation avant même d’avoir consciemment analysé tous ses éléments.¹


Autrement dit : nous pouvons parfois percevoir avant de pouvoir expliquer pourquoi nous avons perçu.


Mais le mot intuition est également employé pour désigner des expériences plus difficiles à expliquer : certains pressentiments, synchronicités, perceptions à distance ou informations qui semblent apparaître sans que nous sachions comment nous avons pu les obtenir.


C’est notamment dans cet espace que se situe la communication intuitive avec les animaux.


La science ne permet pas aujourd’hui d’expliquer ou de valider l’ensemble de ces expériences. Mais cela ne nous empêche pas de les observer et de chercher à mieux les comprendre.


Pourquoi parle-t-on d’intuition féminine ?


Pendant des siècles, nos sociétés occidentales ont associé certaines qualités au masculin et d’autres au féminin.


Le masculin a davantage été associé à l’action, à la force, à l’autorité, à la décision, à la maîtrise et à la raison.


Le féminin, à l’écoute, au soin, à l’émotion, au corps, à la relation, à la sensibilité… et à l’intuition.


Je parle bien ici d’archétypes et de représentations culturelles, et non de qualités appartenant exclusivement aux hommes ou aux femmes.


Un homme peut être particulièrement sensible et intuitif. Une femme peut être extrêmement analytique et tournée vers l’action.


Nous portons tous ces différentes dimensions en nous.


On pourrait les rapprocher symboliquement du yin et du yang : intériorité et extériorité, accueil et action, perception et analyse, sensibilité et volonté.


Ces images traduisent avant tout une recherche d'équilibre entre des qualités humaines complémentaires.


Mais pour comprendre pourquoi l'intuition a été si étroitement associée au féminin, il faut peut-être remonter beaucoup plus loin dans notre histoire.


L'intuition, une capacité héritée de notre évolution ?


Pendant l’immense majorité de l’histoire humaine, notre survie dépendait directement de notre capacité à percevoir rapidement ce qui se passait autour de nous.


Repérer la présence d’un prédateur. Entendre un bruit presque imperceptible dans l'environnement. Observer le comportement inhabituel d’un animal. Détecter une tension chez un autre membre du groupe. Anticiper un danger avant même d’en identifier consciemment la cause...


Une partie de ce que nous appelons aujourd’hui intuition pourrait donc trouver ses racines dans des mécanismes extrêmement anciens.


Ressentir avant de comprendre a probablement été, à certaines périodes de notre évolution, une précieuse capacité de survie.


Et cette capacité concernait évidemment les hommes comme les femmes.


Monsieur Cro-Magnon chassait-il pendant que Madame restait dans la grotte ?


Nous avons longtemps imaginé la scène ainsi : Monsieur Cro-Magnon part à la chasse pendant que Madame Cro-Magnon reste dans sa grotte, auprès du feu et des enfants.


L’image est pratique, presque cinématographique… mais la réalité était manifestement beaucoup plus complexe.


Les découvertes archéologiques ont largement nuancé cette représentation. Des travaux publiés notamment dans Science Advances ont montré que des femmes participaient elles aussi à la chasse.²


Nous devons donc éviter de projeter nos propres modèles sociaux sur la vie de nos ancêtres.


Il reste néanmoins une différence biologique évidente : les femmes portent les enfants, accouchent et les allaitent.


Cette réalité a nécessairement façonné une partie de l'expérience humaine, sans pour autant déterminer à elle seule la répartition des rôles ou des capacités entre les sexes.


Car lorsqu’un bébé dépend entièrement de vous et qu’il ne parle pas encore, une autre forme d’attention devient essentielle : observer, ressentir, anticiper et percevoir les signaux les plus subtils.


Comprendre un être qui ne parle pas


Le bébé humain naît dans un état de très grande dépendance. Il ne peut ni se déplacer seul, ni se nourrir seul, ni expliquer ce dont il a besoin.


Or, prendre soin d’un être qui ne parle pas demande une attention très particulière.


Il faut apprendre à reconnaître les variations de son comportement, ses expressions, ses mouvements, ses rythmes et les manifestations parfois discrètes de son inconfort.


Toutes les mères connaissent, à des degrés divers, cette expérience : sentir que leur bébé va se réveiller, percevoir qu’il a faim avant ses premiers pleurs ou comprendre que quelque chose ne va pas alors que les signes sont encore discrets.


Beaucoup de ces phénomènes peuvent naturellement s’expliquer par la proximité, l’expérience, les rythmes physiologiques ou la reconnaissance inconsciente de signaux extrêmement subtils.


Mais la faculté mobilisée reste intéressante : être attentif à ce qui n’est pas explicitement formulé.


Il existe évidemment un parallèle intéressant avec la relation aux animaux : eux non plus ne parlent pas avec notre langage verbal, et pourtant nous apprenons à reconnaître leurs besoins, leurs émotions et leurs intentions.


Il ne s’agit pas d’en déduire que la maternité aurait « créé » l’intuition féminine.


Mais on peut se demander si, au fil de notre histoire, certaines expériences vécues par les femmes n’ont pas contribué à développer ou à valoriser davantage cette attention particulière au corps, à la relation et aux signaux subtils.


Les femmes sont-elles biologiquement plus intuitives que les hommes ?


La science nous invite ici à rester prudents.


Certaines recherches montrent, en moyenne, un léger avantage féminin dans la reconnaissance des émotions et de certains signaux non verbaux.³


Mais les différences individuelles sont beaucoup plus importantes, et ces résultats ne peuvent en aucun cas constituer des généralités.


Les recherches sur l'interoception, c'est-à-dire notre capacité à percevoir les signaux internes de notre corps, révèlent également une réalité plus nuancée qu'on ne l'imagine.


Certaines études mettent en évidence des différences entre les sexes, mais celles-ci varient selon les fonctions étudiées. Une méta-analyse a notamment montré que les hommes obtenaient, en moyenne, de meilleurs résultats dans certains tests évaluant leur capacité à percevoir les signaux cardiaques.⁴


Il serait donc excessif d’affirmer que les femmes sont biologiquement plus intuitives que les hommes.


Peut-être ont-elles surtout été davantage encouragées, au fil de l’histoire, à écouter et à exprimer certaines formes de perception.


Cerveau droit vs cerveau gauche


Nous avons tous entendu cette représentation : le cerveau droit serait intuitif, créatif, sensible, tandis que le cerveau gauche serait rationnel, logique et analytique.


Cette image est intéressante symboliquement, mais un peu trop simpliste sur le plan scientifique.


Il existe bien des différences de spécialisation entre nos deux hémisphères, mais notre cerveau ne fonctionne pas avec un côté « intuitif » et un côté « rationnel » indépendants l’un de l’autre.


Les deux hémisphères de notre cerveau travaillent en étroite collaboration, échangent constamment des informations et mobilisent différents réseaux neuronaux pour accomplir des fonctions complexes.⁵


Finalement, je trouve cette réalité encore plus intéressante, car elle nous rappelle que toutes nos capacités cérébrales sont complémentaires et que leur interaction est essentielle à notre équilibre et à notre bon fonctionnement.


Nous pouvons conserver l'image du cerveau droit et du cerveau gauche comme une métaphore de la complémentarité entre sensibilité et raisonnement, mais certainement pas comme une séparation biologique stricte.


Comment l'éducation influence-t-elle notre intuition ?


Pendant des générations, les petites filles ont davantage été encouragées à écouter, consoler et exprimer ce qu’elles ressentaient.


Les garçons ont davantage entendu qu’il fallait être forts, agir, contrôler leurs émotions, ne pas avoir peur ou ne pas pleurer.


Prenons un exemple très simple : un enfant tombe, se fait mal et se met à pleurer.


À une petite fille, on dira peut-être :


« Oh, ma chérie, tu t’es fait mal ? Viens, je vais te consoler. »


Tandis qu’à un petit garçon, on dira plus volontiers :


« Allez, ce n’est rien ! Tu es un grand garçon, sois courageux et arrête de pleurer ! »


À travers ces réactions, pourtant souvent bien intentionnées, nous transmettons inconsciemment des messages différents : aux filles, la permission d’exprimer leur sensibilité ; aux garçons, l’injonction de maîtriser leurs émotions.


Ces différences se sont heureusement atténuées, même si certains schémas persistent.


Mais elles nous montrent quelque chose d’important : nous n’apprenons pas seulement à percevoir. Nous apprenons aussi quelles perceptions nous avons le droit d’écouter.


Or une intuition arrive rarement accompagnée de sa démonstration.


Si nous avons appris à rejeter immédiatement toute sensation que nous ne pouvons pas expliquer, nous risquons de ne plus lui accorder d'attention.


Cela ne signifie pas que l’intuition a disparu.


Nous avons peut-être simplement appris à ne plus l’écouter.


Les hommes peuvent-ils développer leur intuition ?


C'est précisément une question à laquelle mon expérience de l'enseignement de la communication animale et intuitive me permet d'apporter quelques éléments de réflexion.


Les femmes sont très largement majoritaires dans les formations que je propose, mais j’ai toujours également des élèves masculins.


Et ils ne sont absolument pas moins doués que les femmes.


Certains obtiennent même très rapidement des informations d’une étonnante précision au cours des exercices proposés. Ils peuvent se montrer tout aussi réceptifs, sensibles et ouverts à leurs perceptions que les femmes, même lorsqu'ils se présentent au départ comme particulièrement rationnels.


Cette observation personnelle a complètement modifié ma manière d'envisager cette fameuse « intuition féminine ».


Ce qui m'intéresse n'est donc pas tant de savoir si l'intuition serait plus développée chez les uns ou chez les autres, mais de comprendre ce qui nous autorise — ou nous empêche — à lui accorder une place dans notre vie.


Intuition et science : notre regard est-il en train de changer ?


Notre société occidentale a énormément valorisé le mental, l’analyse, la performance, la maîtrise et tout ce qui peut être mesuré, quantifié et matériellement démontré.


Et c’est une excellente chose : la raison et la démarche scientifique sont indispensables.


Mais avons-nous parfois confondu « inexpliqué » et « irrationnel » ?


Ce que nous ne savons pas encore expliquer n’est pas nécessairement irrationnel. Cela ne signifie évidemment pas que toute expérience inexpliquée soit vraie, ni que toute intuition soit juste.


Cela signifie simplement que nous pouvons conserver à la fois notre esprit critique et notre curiosité.


Depuis plus de vingt ans que je pratique la communication animale, j’ai pu observer une véritable évolution des mentalités.


À mes débuts, le sujet était extrêmement marginal. Aujourd’hui, elle intéresse un public beaucoup plus large : particuliers, professionnels du monde animal, cavaliers… et également chercheurs.


J’ai notamment l’honneur de collaborer au projet de recherche international ANICOM, dirigé par Vanessa Wijngaarden, professeure en anthropologie à l’Université de Liège, en tant que communicatrice animalière professionnelle.


Ce projet, financé par le Conseil européen de la recherche (ERC), étudie précisément la communication intuitive interespèces.


Le fait même qu’un projet universitaire international puisse aujourd’hui étudier sérieusement un phénomène qui aurait probablement été écarté d’emblée il y a encore quelques années me paraît révélateur d’une évolution.


Nous pouvons observer sans croire aveuglément. Questionner sans rejeter. Expérimenter sans renoncer à notre discernement.


Intuition et raison : deux facultés complémentaires


Il y a une image qui résume particulièrement bien ma pensée : celle de la marche.


Lorsque nous marchons, nous nous appuyons alternativement sur un pied puis sur l'autre. La marche est une succession de déséquilibres qui, l'un après l'autre, nous permettent d'avancer.


Imaginez que nous décidions qu’un seul de nos deux pieds est valable.


Nous n’irions pas très loin.


Il en va peut-être de même pour l'intuition et la raison.


Notre société a longtemps privilégié l’un de ces appuis : l’analyse, l’action, la maîtrise, la rationalité.


Et peut-être redécouvrons-nous aujourd’hui l’importance de l’autre : l’écoute, le ressenti, la sensibilité, la coopération, l’attention au vivant et l’intuition.


Il ne s’agit surtout pas de remplacer l’un par l’autre.


Ressentir, puis vérifier. Percevoir, puis analyser. Accueillir, puis agir.


Ce n’est pas leur opposition qui nous permet d’avancer.


C’est leur complémentarité.


Alors, l’intuition est-elle vraiment féminine ?


Je crois finalement que la question devrait être posée autrement.


Non pas :


« Pourquoi les femmes sont-elles plus intuitives que les hommes ? »


Mais plutôt :


« Pourquoi avons-nous appris à considérer l’intuition comme une faculté féminine ? »


Notre histoire, certaines expériences liées à la maternité, notre éducation et des siècles de représentations culturelles ont probablement participé à construire cette fameuse « intuition féminine ».


Mais mon expérience me conduit à une conclusion beaucoup plus simple : l’intuition n’est ni féminine ni masculine.


Elle est humaine.


Et peut-être même plus largement, une faculté du vivant.


Les femmes ont peut-être bénéficié d'une plus grande permission culturelle pour écouter et exprimer leurs ressentis, tandis que les hommes ont parfois appris à les rationaliser ou à les faire taire.


Mais une faculté que l’on n’écoute plus n’est pas nécessairement perdue.


Elle est peut-être simplement endormie.


Messieurs, je vous lance un défi : et si vous veniez tester votre intuition ?


Alors puisque l’on parle depuis si longtemps d’« intuition féminine », j’ai finalement très envie de retourner la question.


Et si nous mettions un peu l’intuition masculine à l’épreuve ?


Messieurs, je vous lance donc un petit défi : venez tester votre intuition avec moi !


Et si vous vous considérez comme quelqu'un de plutôt rationnel, analytique, sceptique ou convaincu que « ce genre de choses, ce n’est pas pour vous »… c’est encore plus intéressant !


Dans mes formations, les hommes qui acceptent de jouer le jeu me réservent souvent de très belles surprises.


Alors plutôt que de débattre indéfiniment pour savoir si l’intuition est féminine ou masculine, pourquoi ne pas tout simplement en faire l’expérience ?


La communication intuitive avec les animaux constitue le fil conducteur de mon mentorat ANIMA SAPIENS®, mais nous y apprenons plus largement à développer notre intuition, reconnaître nos perceptions, différencier intuition, mental et projection, affiner nos ressentis et confronter ce que nous percevons à des informations vérifiables.


Femmes et hommes sont évidemment tous les bienvenus.


Mais pour une fois, messieurs, cet appel s’adresse tout particulièrement à vous.


Alors ... qui relève le défi ?




Pour aller un peu plus loin — Références scientifiques


  1. Kahneman, D. & Klein, G. (2009). Conditions for Intuitive Expertise: A Failure to Disagree. American Psychologist, 64(6), 515–526. Étude des conditions dans lesquelles l'expérience peut produire des jugements intuitifs fiables.

  2. Haas, R. et al. (2020). Female hunters of the early Americas. Science Advances, 6(45), eabd0310. Recherches archéologiques documentant notamment la participation de femmes à la chasse dans certaines populations anciennes.

  3. Thompson, A. E. & Voyer, D. (2014). Sex differences in the ability to recognise non-verbal displays of emotion: A meta-analysis. Cognition and Emotion, 28(7), 1164–1195. Méta-analyse des différences moyennes entre hommes et femmes dans la reconnaissance des émotions non verbales.

  4. Prentice, F. & Murphy, J. (2022). Sex differences in interoceptive accuracy: A meta-analysis. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 132, 497–518. Analyse des différences entre les sexes dans différentes tâches de perception des signaux corporels internes.

  5. Corballis, M. C. (2014). Left Brain, Right Brain: Facts and Fantasies. PLOS Biology, 12(1), e1001767. Analyse critique des idées reçues sur la spécialisation des hémisphères cérébraux.


Les références sont proposées ici pour ceux qui souhaitent approfondir les connaissances scientifiques sur l'intuition, la perception et les différences entre les sexes. Elles ne constituent pas une validation scientifique de la communication intuitive avec les animaux.


Projet de recherche ANICOM


Le projet ANICOM — Animal Communicators: Intuitive communication as a key to dialogic multispecies methods, porté par l’Université de Liège et financé par une bourse ERC Consolidator, constitue quant à lui une recherche internationale spécifiquement consacrée à l’étude de la communication intuitive interespèces.




 

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CONNEXION INTUITIVE

 

Corinne Dupeyrat — Communicatrice animalière & intuitive

Du lundi au vendredi, de 9h à 18h

Consultations à distance sur rendez-vous, en Normandie

14800 Tourgéville (Normandie)

corinne.dupeyrat@gmail.com

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